Étude d'impact économique de 2001 à 2013

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Au sujet de cette publication

Auteur de la publication : Statistique Canada

Date de publication : 13 avril 2017

Résumé :

En 2014, DEC a demandé à Statistique Canada de réaliser une étude sur les retombées de ses programmes afin de comprendre si l’aide apportée aux entreprises québécoises entre 2001 et 2013 avait eu un effet notable sur les performances de ces dernières.

Table des matières

  1. Faits saillants
  2. 1. Introduction
  3. 2. Liste des clients de DEC et processus d'appariement
  4. 3. Sélection du groupe de référence
  5. 4. Hypothèses
  6. 5. Modèle
  7. 6. Résultats empiriques
  8. 7. Conclusions
  9. Références

Faits saillants

1. Introduction

L’Agence de développement économique du Canada pour les régions du Québec (DEC-Q) est une agence fédérale dont le mandat consiste à promouvoir le développement régional au Québec. DEC-Q fait la promotion du développement économique et de l’innovation à l’échelle locale en offrant une aide financière aux petites et moyennes entreprises (PME) du Québec.

En 2008, DEC-Q et Statistique Canada ont entrepris une initiative conjointe visant à déterminer et à mesurer les retombées économiques des entreprises ayant eu recours aux services de financement de DEC-Q entre 2002 et 2008. En 2012, Statistique Canada et DEC-Q ont prolongé la période d’analyse de 2001 à 2010 et étudié un certain nombre de programmes différents, à savoir les programmes Initiatives régionales stratégiques et Diversification des collectivités (IRS-DC) et les programmes Innovation, développement, exportation et soutien à l’entrepreneurship et Croissance des entreprises et des régions (IDEE-CER). Cette deuxième étude est appelée DEC-Q 2013.

Aux fins de la présente étude, Statistique Canada et DEC-Q se sont entendus pour reprendre le travail en prolongeant la période d’analyse afin d’inclure les années 2010 à 2013 et en étudiant trois différents groupes de programmes et sept « composantes de programme ». Les programmes étudiés sont les programmes Initiatives régionales stratégiques et Diversification des collectivités (IRS-DC) et les programmes Innovation, développement, exportation et soutien à l’entrepreneurship et Croissance des entreprises et des régions (IDEE-CER) et Initiative ponctuelle de renforcement des économies forestières du Québec (IPREFQ). Les programmes et les composantes de programme étudiés sont : Commercialisation et exportation, Innovation et transfert technologique, Stratégies de développement, Productivité et expansion, Fonds d’adaptation des collectivités (FAC), Initiative de développement économique (IDE) et Initiative ponctuelle de renforcement des économies forestières du Québec (IPREFQ).

Le présent document décrit la méthodologie utilisée pour effectuer l’analyse et fournit les résultats obtenus. Il importe de mentionner que les méthodes utilisées sont les mêmes que celles de DEC-Q 2013.

Après la présente introduction, où sont également mises en relief les forces et les limites de l’analyse, la section 2 examine le processus d’appariement. La section 3 explique la méthode utilisée pour la sélection du groupe de référence. La section 4 présente les hypothèses testées. La méthodologie adoptée est présentée à la section 5 et les résultats empiriques du rapport à la section 6. La dernière section présente la conclusion du rapport.

1.1. Changement relatifs aux méthodes comparativement à l’étude antérieure (DEC-Q 2013)

Dans l’ensemble nous utilisons les mêmes méthodes afin de conserver une cohérence et de permettre la comparaison des résultats avec ceux de l’étude précédente. Les groupes de référence sont légèrement différents parce que certaines des entreprises utilisées aux fins de comparaison antérieurement dont devenues clientes de DEC-Q entre 2010 et 2013; elles ont par conséquent été retirées des groupes de référence et remplacées par d’autres entreprises comparables. Par ailleurs, certaines données d’entreprises clientes de DEC-Q et d’entreprises appartenant aux groupes de référence ont subi une mise à jour dans les bases de données de Statistique Canada. Par conséquent, les taux de survie indiqués dans la présente étude diffèrent légèrement de ceux de l’étude précédente.

Un élément nouveau de la présente étude, par rapport à l’étude précédente, est l’analyse empirique de différentes « composantes de programme », analyse qui n’avait pas été effectuée précédemment. De plus, la présente étude indique aussi les taux de survie des clients de DEC-Q par composante de programme.

1.2. Limites et incidences de ces limites

Il convient d’être vigilant en ce qui concerne la sélection du groupe de référence. Il est reconnu que la sélection de ce groupe revêt une importance capitale. Idéalement, le groupe de référence devrait se composer d’entreprises ayant présenté une demande de financement à DEC-Q mais n’ayant pas été retenues.

Dans la présente étude, les groupes de référence ont été choisis dans tout le Québec. Il faut garder présents à l’esprit que certains programmes de DEC-Q, comme l’IPREFQ, visaient particulièrement des municipalités du Québec. La sélection de l’entreprise comparable de référence, pour chaque client de DEC-Q, ne pouvait être effectuée à partir du même contexte local, car le bassin des correspondances potentiel était trop limité.

De plus, l’étude actuelle ne tient pas compte du fait que certaines entreprises ont été financées à plus d’une reprise, ou ont reçu un financement d’autres sources ou obtenu d’autres types de financement. Ces limites laissent voir des pistes d’améliorations pour les recherches futures. Par exemple, il serait utile d’avoir accès à une liste des entreprises ayant soumis leur candidature dans le cadre de programmes de DEC-Q, mais n’ayant pas été retenues, pour voir si les entreprises n’ayant pas reçu de financement avaient des caractéristiques différentes de celles des entreprises du groupe de référence.

En outre, les groupes de référence pour les cohortes de 2001 à 2009 ont dû être mis à jour et n’étaient pas identiques à ceux utilisés dans l’étude DEC-Q 2013; plus particulièrement, certaines des entreprises de ces groupes de référence sont devenues clientes de DEC-Q entre 2010 et 2013. Par conséquent, d’autres entreprises les ont remplacées dans les groupes de référence pour les cohortes de 2001 à 2009. L’analyse effectuée pour l’étude DEC-Q 2013 n’a pas été modifiée pour ce nouveau groupe de référence.

La dernière limite concernant les données a trait à la taille de certaines « composantes de programme », notamment l’Initiative de développement économique, le Fonds d’adaptation des collectivités et les Stratégies de développement, qui faisaient état d’un nombre relativement peu élevé de bénéficiaires.

2. Liste des clients de DEC et processus d'appariement

DEC-Q a soumis au CPSE de Statistique Canada un fichier Excel répertoriant les 568 entreprises ayant bénéficié de ses services de financement entre 2010 et 2013. Une ligne était consacrée à chaque projet financé, et certaines entreprises (identifiées sur le fichier par leur code d’identification d’entreprise) revenaient sur plus d’une ligne. Les lignes concernant les mêmes codes d’identification d’entreprise après la première année de financement ont été enlevées. Par exemple, si une entreprise a reçu une aide financière de DEC-Q en 2010 et en 2011, seule la première année de financement, soit 2010, a été retenue.

Nous avons commencé avec 568 dossiers. Après avoir retiré les dossiers qui étaient dans DEC-Q 2013, il restait 395 dossiers (« nouveaux »). Ensuite, après le retrait des entreprises qui paraissaient plus qu’une fois (« redondances »), il restait 388 entreprises dans l’ensemble de données (Figure 1).

Figure 1
Élimination des redondances de la liste de clients de DEC-Q

Figure 1 Élimination des redondances de la liste de clients de DEC-Q

2.1. Appariement du fichier nettoyé et du registre des entreprises

Le nettoyage a permis de ramener le nombre de dossiers à 388. Si 386 d’entre eux ont pu être reliés à leur code d’identification du Registre des entreprises (un identifiant unique à Statistique Canada), 2 clients n’ont pas pu être retrouvés dans le Registre. Ce qui correspond à un taux d’appariement de 99,5 %.

Plusieurs raisons peuvent expliquer le fait qu’un client de DEC-Q client ne puisse être relié à un code d’identification dans le Registre des entreprises de Statistique Canada. L’une d’elles est que les changements administratifs en matière de propriété, les fusions et acquisitions ainsi que les ententes de partenariat peuvent entraîner l’émission de nouveaux numéros d’entreprise ou modifier d’autres identifiants clés associés à une entreprise. Le tableau 1 présente le taux d’appariement par année et par type de programme. Ce taux est calculé en divisant le nombre total de correspondances dans le Registre des entreprises par le nombre total de dossiers de clients dans le fichier nettoyé.

Comme on peut le voir dans le tableau 1, le taux d’appariement est élevé pour tous les groupes de programmes et pour toutes les années prises en considération. Le taux d’appariement pour le programme Initiatives régionales stratégiques et Diversification des collectivités (IRC-DC) est de 100 % pour les trois années. Selon l’année, le taux d’appariement va de 99,0 % à 100 % pour les programmes Innovation, développement, exportation et soutien à l’entrepreneurship et Croissance des entreprises et des régions (IDEE-CER), et de 97,1 % à 100 % pour le programme Renforcement des économies forestières du Québec. Le taux d’appariement moyen pour tous les programmes combinés est d’environ 99,5 %.

Le Tableau 2 présente les résultats de l’appariement par type de « composantes de programme ». Les taux d’appariement sont élevés pour tous les types de composantes de programme et pour toutes les années prises en compte. Le taux d’appariement pour Commercialisation et exportation, Soutien à l’entrepreneurship, Fonds d’adaptation des collectivités, Initiative de développement économique et Innovation et transfert technologique est de 100 % pour les trois années. Le taux d’appariement est de 97,7 % et de 100 % pour deux autres programmes, soit Productivité et Expansion, et Renforcement des économies forestières du Québec. Le taux d’appariement moyen pour toutes les composantes de programme combinées est d’environ 99,5 %.

Tableau 1
Taux d’appariement avec le Registre des entreprises, par année et par type de programme
RSI-CD IDEA-BRG
Première année de financement Dossiers Appariés Taux d’appariement Dossiers Appariés Taux d’appariement
2010 22 22 100 % 51 51 100 %
2011 8 8 100 % 111 111 100 %
2012 2 2 100 % 105 104 99,0 %
Total 32 32 100 % 267 266 99,6 %
Renforcement des économies forestières du Québec Programmes combinés
Première année de financement Dossiers Appariés Taux d’appariement Dossiers Appariés Taux d’appariement
2010 11 11 100 % 84 84 100 %
2011 44 44 100 % 163 163 100 %
2012 34 33 97,1 % 141 139 98,6 %
Total 89 88 98,9 % 388 386 99,5 %
Tableau 2
Taux d’appariement avec le Registre des entreprises, par année et type de composante de programme
Commercialisation et exportation Soutien à l’entrepreneurship
Première année de financement Dossiers Appariés Taux d’appariement Dossiers Appariés Taux d’appariement
2010 4 4 100 % 17 17 100 %
2011 19 19 100 % 24 24 100 %
2012 20 20 100 % 34 34 100 %
Total 43 43 100 % 75 75 100 %
Fonds d'adaptation des collectivités Initiative de développement économique
Première année de financement Dossiers Appariés Taux d’appariement Dossiers Appariés Taux d’appariement
2010 26 26 100 % 2 2 100 %
2011 7 7 100 % 2 2 100 %
2012 2 2 100 %
Total 33 33 100 % 6 6 100 %
Renforcement des économies forestières du Québec Innovation et transfert technologique
Première année de financement Dossiers Appariés Taux d’appariement Dossiers Appariés Taux d’appariement
2010 11 11 100 % 5 5 100 %
2011 43 43 100 % 15 15 100 %
2012 34 33 97,1 % 7 7 100 %
Total 88 87 98,9 % 27 27 100 %
Productivité et expansion Programmes combinés
Première année de financement Dossiers Appariés Taux d’appariement Dossiers Appariés Taux d’appariement
2010 19 19 100 % 84 84 100 %
2011 53 53 100 % 163 163 100 %
2012 44 43 97,1 % 141 139 98,6 %
Total 116 115 99,1 % 388 386 99,5 %

2.2. Taux d’appariement avec les variables clés

Pour que la modélisation soit robuste, il faut un pourcentage élevé de dossiers dont les valeurs sont utilisables. Les variables clés qui présentent un intérêt pour la présente étude d’impact sont le revenu, l’emploi, et la productivité (calculée selon les ventes par rapport à l’emploi). Pour ces trois variables clés, on estime qu’une entreprise a une « valeur utilisable » si elle a un code SCIAN au Registre des entreprises et que la valeur pour la variable clé n’est ni de zéro ni manquante. Le critère d’avoir un code SCIAN dans le RE fait partie de la méthode de l’analyse hypothétique.

Le tableau 3 présente le nombre et le pourcentage de dossiers utilisables pour chaque variable clé présentant un intérêt. Pour les variables « revenu », « ventes » et « emploi », les clients appariés avaient en moyenne plus de 70 % de valeurs utilisables, c’est-à-dire de valeurs existantes ou égales à zéro. La variable « revenu » possédait le pourcentage le plus élevé de valeurs utilisables (75 %), suivie des variables « emplois » (75 %) et « ventes » (72 %).

Les résultats révèlent que le taux d’appariement et la disponibilité des variables étudiées clés étaient suffisamment élevés pour que l’analyse de modélisation de l’étude d’impact soit effectuée.

Tableau 3
Valeurs utilisables parmi les variables étudiées, programmes combinés
Première année de financement Nombre de noms des clients de DEC-Q (NC) Nombre de dossiers appariés à RE Nombre de dossiers avec RE SCIAN Revenu total Ventes totales Emplois en moyenne
Nombre de valeurs utilisables (NT) Taux d’appariement (100 * NT/NC) Nombre de valeurs utilisables (NS) Taux d’appariement (100 * NS/NC) Nombre de valeurs utilisables (NE) Taux d’appariement (100 * NE/NC)
2010 84 83 76 51 61% 49 58% 52 62%
2011 163 164 161 131 80% 124 76% 129 79%
2012 141 139 138 108 77% 107 76% 110 78%
Total 388 386 375 290 75% 280 72% 291 75%

Notes : Le « Nombre de valeurs utilisables » pour revenu, ventes, emplois et RDIC signifie revenu, ventes et emplois utilisables durant la première année de financement. « Nombre dossiers appariés à RE » et « Nombre de dossiers avec RE SCIAN » signifie appariés à RE durant une certaine année (pas nécessairement l’année de financement).

3. Sélection du groupe de référence

La sélection du groupe de référence (aussi appelé dans ce rapport groupe de non-clients) a été effectuée à l’aide du logiciel d’imputation BANFF de Statistique Canada, lequel a recours à la méthode du plus proche voisin. Cette méthodologie est conforme à celle de DEC-Q 2013. Les dossiers des clients de DEC-Q ont été signalés à l’aide d’une variable indiquant la première année de financement. Pour chaque année, une entreprise comparable a été sélectionnée sur la base des critères suivants :

Les variables numériques suivantes ont été utilisées pour déterminer quel était le dossier ressemblant le plus au dossier du client de DEC-Q :

Par ailleurs, le dossier de référence apparié à un dossier d’un client DEC-Q particulier devait avoir un code SCIAN ayant les deux mêmes premiers chiffres.

Tant parmi les dossiers du groupe de référence potentiel que parmi les 386 dossiers du groupe étudié appariés au Registre des entreprises, tous les dossiers auxquels il manquait un code SCIAN ou l’une des cinq variables indiquées dans la liste ci-dessus ont été exclus du processus. Le tableau 4 présente le nombre de dossiers restants ainsi que le ratio entre le nombre de dossiers d’entreprises du groupe étudié et le nombre de dossiers d’entreprises du groupe de référence potentiel.

Tableau 4
Nombre de dossiers d’entreprises du groupe de référence potentiel à la première année de financement
Première année de financement Dossiers sous étude Dossiers de référence potentiels Ratio
2010 50 70,261 0,07 %
2011 128 69,346 0,18 %
2012 106 68,931 0,15 %
Total 284 208,538 0,14 %

Il convient de noter qu’aux fins de la présente analyse, les 2004 clients de DEC-Q qui ont été utilisés dans l’étude DEC-Q 2013 ont aussi été repris pour le suivi des résultats de ces cohortes (de 2001 à 2009) dans les années les plus récentes (de 2010 à 2013). Pour ces entreprises, le même groupe de référence utilisé précédemment a été utilisé pour l’étude de DEC-Q 2013 (sauf en ce qui concerne les modifications dont il est déjà fait état à la section 1.1)

4. Hypothèses

Une série d’hypothèses ont été testées pour mesurer le rendement des clients de DEC-Q et des entreprises similaires n’ayant pas eu recours au financement de DEC-Q. C’est ce qu’on appelle l’effet sur les performances. Les hypothèses examinées étaient les suivantes :

Hypothèses : le financement de DEC-Q entraîne les résultats suivants :

  1. Une croissance supérieure du revenu
  2. Une croissance supérieure de l’emploi
  3. Une croissance supérieure de la productivité du travail
  4. Un taux de survie supérieur

La mission de DEC-Q est d’aider au développement économique des régions en offrant une aide financière aux petites et moyennes entreprises. La présente étude a été réalisée pour mesurer et évaluer la performance des entreprises qui ont eu recours aux services de DEC-Q par rapport à celle d’entreprises similaires qui n’y ont pas eu recours entre 2010 et 2013. Les études empiriques traitant de la performance des entreprises citent souvent des facteurs comme la croissance du revenu, la croissance de l’emploi et la productivité du travail comme étant des indicateurs de performance pertinents. À ce titre, les quatre hypothèses mentionnées ci-dessus ont été testées pour évaluer l’efficacité de DEC-Q à influer sur la performance économique de sa clientèle.

5. Modèle

Les modèles d’estimation utilisés dans la présente étude reproduisent les modèles utilisés dans l’étude DEC-Q 2013. Les mêmes modèles sont utilisés pour toutes les cohortes. Les différences de croissance du revenu, de la productivité et de l’emploi entre les entreprises subventionnées par DEC-Q et les autres sont étudiées sur la base du modèle empirique général suivant :

lnyit+1 - lnyit = a +β DECQit + d Contrôleitit

où i est l’indice de l’entreprise, t est l’indice de l’année, y est la variable hypothétique (p. ex. croissance du revenu, croissance de l’emploi ou croissance de la productivité du travail), lnyit+1 - lnyit est la croissance de y, DECQ est une variable nominale pour les clients de DEC-Q (qui prend la valeur de 1 si l’entreprise a bénéficié du financement de DEC-Q lors de l’année t, et celle de 0 autrement), Contrôle est un vecteur des variables de contrôle et εit est un terme d’erreur.

La variable étudiée, le coefficient β traduit l’effet pour les entreprises ayant reçu le soutien de DEC-Q. Par exemple, si le β estimé dans le modèle (1) est égal à 0,06 et est statistiquement significatif à un niveau d’erreur habituel, cela signifie que la croissance du revenu a été plus élevée de 6 %, en moyenne, pour les entreprises subventionnées que pour les non-clients pour l’indice de performance y et la période de référence.

Il faut souligner que dans la section 7.2.1 les estimations sont basées sur les données pour tous les programmes de DEC-Q combinés. Toutefois à la section 7.2.2, les estimations sont basées sur les données de différents programmes sélectionnés de DEC-Q.

Pour tester les retombées du programme sur la croissance du revenu, le modèle suivant est utilisé :

lnRevit+1 - lnRevit = a + ß DECQit + d1TAit + d2PLTit + d3PTit + d4PBit + εit

où les variables spécifiques incluses dans le vecteur des variables de contrôle sont : actif total (AT) et passif à long terme (PLT), qui neutralisent la situation financière de l’entreprise, ainsi que productivité du travail (PT), correspondant aux ventes totales par rapport aux emplois, et profit brut/pertes (PB), qui neutralisent les changements dans les performances de l’entreprise. Toutes les variables explicatives sont exprimées en fonction de la croissance et non du niveau.

Pour tester les retombées du programme sur la croissance de l’emploi (Empl), le modèle suivant est utilisé :

lnEmplit+1 - lnEmplit = a + β DECQit + d1VTBSit + d2ATit + d3PBit + d4DTit + εit

où la variable actif total (AT) neutralise la situation financière de l’entreprise, ventes totales de biens et services (VTBS) et profit brut/pertes neutralisent les indicateurs de performance et DT représente les dépenses totales.

Enfin, l’effet sur la productivité du travail (PT) est étudié à l’aide du modèle suivant :

lnPTit+1 - lnPTit = a + β CEDQit + d1ATit + d2PBit + d3DTit + d4EMPLMit + εit

où EMPLM correspond à l’emploi moyen, qui neutralise des caractéristiques d’entreprise telles que la taille, et où AT, PB et DT ont le sens précisé ci-dessus.

Les équations de régression (2), (3) et (4) sont censées servir de modèle empirique pour expliquer la croissance du revenu, la croissance de l’emploi et la croissance de la productivité du travail entre les clients de DEC-Q et les non-clients

Pour des raisons tant opérationnelles que statistiques, il est peu probable que les retombées d’un programme de financement soit observable au cours de la même année de référence. Pour étudier les retombées du financement de DEC-Q, la structure d’avances (L) suivante de variables réponses a été utilisée pour les années de référence :

t = 2001: L → [t +10, t+11, t+12]

t = 2002: L → [t +9, t+10, t+11]

t = 2003: L → [t +8, t+9, t+10]

t = 2004: L → [t +7, t+8, t+9]

t = 2005: L → [t +6, t+7, t+8]

t = 2006: L → [t +5, t+6, t+7]

t = 2007: L → [t +4, t+5, t+6]

t = 2008: L → [t +3, t+4, t+5]

t = 2009: L → [t +2, t+3, t+4]

t = 2010: L → [t +1, t+2, t+3]

t = 2011: L → [t +1, t+2]

t = 2012: L → [t +1]

Par exemple, une entreprise financée pour la première fois en 2010 verra sa performance en matière de croissance du revenu, de l’emploi et de la productivité du travail comparée à celle du groupe de référence potentiel pour la première année ayant suivi le financement (t + 1) et pour toutes les années suivantes jusqu’à 2013 (soit t + 3).

Pour chaque cohorte, un identifiant unique (numéro d’entité exploitante) est utilisé pour suivre le revenu d’entreprise, l’emploi, les actifs, le passif, le profit brut par rapport aux pertes, les dépenses totales, etc., au fil des années. Il est ainsi possible de suivre les deux groupes d’entreprises plusieurs années après le financement initial. Les variables de contrôle pouvaient varier en fonction de la structure d’avances, et elles ont été prises l’année avant celle pour laquelle les retombées ont été évaluées. Par exemple, lorsque l’année considérée était 2011, les variables de contrôle étaient calculées sur la base des changements s’étant produits entre 2010 et 2011. Ainsi, les retombées sur la variable réponse des changements en cours dans les variables de contrôle ont pu être isolées.

Le modèle de régression le plus souvent utilisé pour étudier l’effet des variables indépendantes sur la variable dépendante est celui de l’estimateur par moindres carrés ordinaires (MCO). Cependant, lorsque les données comportent des valeurs aberrantes comme des valeurs aberrantes en y, de mauvais points leviers et de bons points leviers, l’estimation par MCO peut être biaisée. Il est reconnu que l’estimateur par MCO est vulnérable à la présence de valeurs aberrantes. Une façon de régler ce problème consiste à exclure de tous les calculs la distribution du 1er et du 99e percentile de la variable étudiée. Une autre façon de faire consiste à avoir recours à une régression robuste.

Pour régler le problème des valeurs aberrantes, Huber (1981) propose d’avoir recours aux estimateurs M, qui sont robustes par rapport aux valeurs aberrantes verticales, mais qui ne le sont pas en présence de mauvais points leviers. Yohai (1987), quant à lui, propose une mesure générale minimisant la dispersion des résidus et moins sensible aux valeurs extrêmes. Il présente un estimateur combinant un point de rupture élevé à une efficacité élevée, soit l’estimateur MM. Ce dernier est réputé produire des estimations non biaisées, car il corrige tous les types de valeurs aberrantes qui influencent l’estimateur par MCO. Pour des raisons de robustesse, l’estimateur par MCO, l’estimateur M et l’estimateur MM ont été appliqués, et l’estimateur MM s’est révélé avoir les propriétés souhaitées. Les résultats de modélisation présentés dans le présent rapport sont donc basés sur l’estimateur MM.

6. Résultats empiriques

6.1. Profilage

Nous comparons ici la distribution des entreprises subventionnées par DEC-Q entre 2010 et 2013 et celle des entreprises non subventionnées que représente le groupe de référence. Cette comparaison porte sur les données sur le revenu et l’emploi collectées un à trois ans avant que les entreprises aient commencé à recevoir le financement. Autrement dit, nous évaluons si les entreprises qui sont subventionnées aujourd’hui sont différentes des entreprises non subventionnées à l’aide des valeurs qu’avaient certains indicateurs sélectionnés lorsqu’aucune de ces entreprises ne bénéficiait du programme. Ce suivi à rebours porte sur une période de trois ans. La méthode empirique utilisée ici pour mesurer la différence entre les deux groupes est celle du test non paramétrique de dominance stochastique du premier ordre entre une distribution et une autre introduit par Kolmogorov-Smirnov.

Kolmogorov–Smirnov ont réalisé un test de robustesse sur les similitudes entre le groupe étudié et le groupe de référence. Grâce à ce test, on examine les caractéristiques des clients et des non-clients avant les contributions de DEC-Q. Cet apport est pertinent parce qu’il assure que le groupe de référence sélectionné est très comparable au groupe étudié et, par ailleurs, il permet de justifier l’attribution aux programmes de DEC-Q des changements observés lors de l’analyse. Si l’on s’attend à ce que les entreprises bénéficiant d’une contribution financière aient des indicateurs de performance plus élevés que les entreprises du groupe de référence dotées de caractéristiques similaires, il est toutefois important d’avoir une connaissance complète des deux groupes pour éviter les estimations biaisées et les interprétations trompeuses.

Une caractéristique intéressante du test de Kolmogorov-Smirnov est que celui-ci prend tous les moments en considération au lieu de seulement tester les différences par rapport à la valeur moyenne pour les deux groupes. Le test de Kolmogorov-Smirnov est donc celui qui est le plus approprié pour comparer les différences de distribution empirique entre deux groupes.

L’hypothèse nulle du test de Kolmogorov-Smirnov est que la distribution de l’emploi est identique pour les deux groupes comparés, tandis que l’hypothèse alternative est que la distribution du second groupe affiche une dominance stochastique de premier ordre par rapport à la distribution du premier groupe. Si la valeur p descend sous le niveau alpha spécifié, les données sembleraient donc indiquer que les deux populations ne sont pas identiques.

L’ensemble de données utilisé dans la présente étude empirique couvre les années 2010 à 2013. L’analyse examine toutes les cohortes d’entreprises ayant commencé pour la première fois à bénéficier d’un programme de DEC-Q à partir de 2001. Pour les années de 2003 à 2012, nous avons pu reculer de trois ans. Par exemple, pour une entreprise ayant commencé à recevoir un financement pour la première fois en 2011, nous avons extrait les données sur le revenu et l’emploi des entreprises subventionnées par DEC-Q et de celles du groupe de référence pour les trois années antérieures (soit les données de 2008, 2009 et 2010). L’analyse a été limitée à des intervalles de temps, de trois ans, afin de contenir la taille de l’échantillon.

En somme, la méthode non paramétrique décrite ci-dessus a été appliquée pour déterminer s’il existait une différence significative entre deux groupes d’entreprises en matière de revenu et d’emploi.

6.1.1. Résultats des tests de Kolmogorov–Smirnov

Le tableau 5 présente les résultats des tests de Kolmogorov–Smirnov pour les différences sur l’emploi entre les clients DEC-Q (groupe étudié) et les non-clients de DEC-Q (groupe de référence). La première colonne du tableau indique l’année de référence au cours de laquelle le financement a été reçu pour la première fois. Les deuxième et troisième colonnes présentent les statistiques du test de Kolmogorov-Smirnov (statistiques du test KS) et la valeur de probabilité (valeur p) pour l’année t-1 avant la première année de financement. Comme le montre le tableau 5, l’hypothèse nulle selon laquelle la distribution est égale pour les deux groupes ne peut être raisonnablement rejetée, et ce, quelle que soit l’année prise en considération.

Le tableau 6 présente quant à lui les statistiques du test d’hypothèse pour ce qui est de la différence de revenu entre les clients et les non-clients de DEC-Q. Premièrement, l’hypothèse nulle selon laquelle la distribution est égale à tous les niveaux de signification et pour toutes les années avant la première année de financement ne peut pas être rejetée lorsqu’on applique le test aux entreprises subventionnées et non subventionnées entre 2010 et 2012. Pour la cohorte de 2010, cependant, l’hypothèse nulle selon laquelle la distribution du revenu est égale au niveau de signification de 0,10 pour les années t-2 et t-3 avant la première année de financement est rejetée; une certaine hétérogénéité des deux groupes d’entreprises quant à leurs revenus aux années t-2 et t-3 pourrait expliquer ce fait.

Dans l’ensemble, nos résultats empiriques peuvent être interprétés comme une preuve de la similitude des deux groupes comparés.

Tableau 5
Différences de la distribution concernant l’emploi entre les groupes étudiés et les groupes de référence – Statistiques du test de l’hypothèse
Statistique du test KS Valeur p Statistique du test KS Valeur p Statistique du test KS Valeur p
Première année de financement Année t-1 Année t-2 Année t-3
2010 0,018 [0,999] 0,021 [0,999] 0,027 [0,980]
2011 0,022 [0,999] 0,046 [0,701] 0,028 [0,993]
2012 0,026 [0,999] 0,030 [0,994] 0,031 [0,992]

Remarque : Comparez les valeurs p dans les tableaux avec des niveaux de signification de 1 % ou de 5 %. Si la valeur-p est inférieure au niveau signification choisi, il y a lieu de croire que les deux populations ne sont pas identiques.

Tableau 6
Différences de la distribution concernant le revenu entre les groupes étudiés et les groupes de référence – Statistiques du test de l’hypothèse.
Statistique du test KS Valeur p Statistique du test KS Valeur p Statistique du test KS Valeur p
Première année de financement Année t-1 Année t-2 Année t-3
2010 0,058 [0,182] 0,068 [0,086] 0,068 [0,100]
2011 0,069 [0,178] 0,072 [0,160] 0,041 [0,820]
2012 0,052 [0,638] 0,059 [0,467] 0,029 [0,997]

Remarque : Comparez les valeurs p dans les tableaux avec des niveaux de signification de 1 % ou de 5 %. Si la valeur-p est inférieure au niveau signification choisi, il y a lieu de croire que les deux populations ne sont pas identiques.

6.1.2. Remarques

Nous avons examiné dans la présente section les différences, pour la période de 2010 à 2012, entre les entreprises clientes de DEC-Q et celles qui ne le sont pas avant le financement. La méthode empirique consiste à comparer les différences dans la distribution de l’emploi et du revenu de groupes d’entreprises avant la première année dans laquelle les clients reçoivent le financement de DEC-Q. Les résultats peuvent être résumés comme suit.

Les données donnent clairement à penser qu’il n’y a pas de différence significative dans l’ensemble, au chapitre de l’emploi ou du revenu entre les entreprises subventionnées par DEC-Q et celles qui ne le sont pas aux années t-3, t-2 et t-1, où t est la période de référence, soit la première année de financement de l’entreprise. Certaines différences (à un niveau statistiquement significatif relativement faible) sont observées pour la cohorte de 2010 au chapitre du revenu.

Il est donc possible de conclure qu’en général, l’analyse empirique présentée dans cette section confirme qu’avant le financement, les clients de DEC-Q ne se démarquaient pas des entreprises non-clientes au chapitre de l’emploi et du revenu.

6.2. Résultats de la régression

Dans la présente section, le coefficient estimé ß qui traduit la performance des clients de DEC-Q par rapport à celle du groupe de référence en matière de revenu, d’emploi et de productivité du travail, est représenté graphiquement. Il importe de garder à l’esprit que les deux groupes ont été comparés sur les plans du revenu et de l’emploi jusqu’à trois ans avant que les clients de DEC-Q aient commencé à recevoir un financement (voir la section 6.1 pour les cohortes de 2010 à 2012, et l’étude DEC-Q 2013 pour les cohortes antérieures). Les résultats n’ont pas révélé de différences significatives entre les deux groupes avant le financement de DEC-Q. Ainsi, les différences dans les résultats peuvent être plus clairement attribuées au financement de DEC-Q.

Les performances de chaque cohorte, de 2001 à 2012, au chapitre de la croissance du revenu, de l’emploi et de la productivité du travail sont présentées ci-après pour la période de 2010 à 2013.

6.2.1. Incidences sur le revenu, l’emploi et la productivité du travail

La figure 2 montre les performances de la cohorte de 2001, pour les années allant de 2010 à 2013, sur les plans de la croissance du revenu, de l’emploi et de la productivité du travail. La figure montre la valeur du coefficient ß estimé avec les équations 2, 3 et 4 respectivement pour les trois indicateurs. Par conséquent, une valeur de 12,1 % indique que les clients de DEC-Q ont en moyenne affiché une croissance supérieure de 12,1 points de pourcentage pour ce qui est de l’indicateur de performance concerné.

Les différences entre les deux groupes qui ne sont pas statistiquement significatives (niveau de signification de 0,10 ou moins) ne sont pas indiquées ici et dans les figures suivantes.

Figure 2
Différences concernant la croissance du revenu, de l’emploi et de la productivité du travail entre les clients de DEC-Q et les non-clients, cohorte de 2001, période de 2010 à 2012

Figure 2 Différences concernant la croissance du revenu, de l’emploi et de la productivité du travail entre les clients de DEC-Q et les non-clients, cohorte de 2001, période de 2010 à 2012

Remarque : L’abréviation « N.S. » (pour non significatif) indique qu’il n’y a pas de différence significative entre les groupes clients et non-clients.
Source : Estimations des auteurs.

Les résultats montrent qu’il n’y a pas de différence statistique de croissance du revenu entre les deux groupes pour la dixième et la onzième année ayant suivi le financement. À la douzième année, les clients de DEC-Q ont dépassé les non-clients à cet égard de 7,2 %. Les résultats empiriques de l’étude précédente (DEC-Q 2013) indique qu’il n’y a pas de différence statistique de croissance du revenu entre les deux groupes de cette cohorte dans la première année ayant suivi le financement. Par la suite, les clients de DEC-Q ont dépassé les non-clients à cet égard pendant trois années consécutives. L’analyse ne montre aucune différence entre les deux groupes aux septième, huitième et neuvième années ayant suivi le financement.

L’étude actuelle montre que les clients de DEC-Q ont eu une croissance de l’emploi de 8,2 % supérieure à celle des non-clients à la onzième année. Pour ce qui est de la croissance de l’emploi, les résultats de l’étude précédente indiquent que les clients de DEC-Q avaient mieux fait que le groupe de référence lors de la première année ayant suivi le financement, mais aucune différence significative n’était observable entre les deux groupes pour les trois années suivantes. Lors de la cinquième et de la sixième année, la croissance de l’emploi des clients de DEC-Q a été inférieure à celle du groupe de référence. À la neuvième année, cependant, elle a rebondi et affiché un écart de 13,7 % par rapport à celle des non-clients.

Cette étude révèle que la croissance de la productivité du travail des clients de DEC-Q à la dixième, à la onzième et à la douzième année, a elle aussi été supérieure à celle des non-clients, soit de 12,1 %, 13,7 % et 4,7 % respectivement.Référence 3 Quant à la croissance de la productivité du travail, les résultats de l’étude précédente n’indiquent aucune différence significative entre le groupe étudié et le groupe de référence lors de la première année ayant suivi le financement initial. Cependant, lors de la deuxième année ayant suivi le financement, la croissance de la productivité du travail des clients de DEC-Q a été de 19,2 % supérieure à celle des non-clients. La croissance de la productivité du travail des clients de DEC-Q a dépassé celle des non-clients jusqu’à la sixième année. Les données ne montrent aucune différence significative entre les deux groupes aux septième, huitième et neuvième années. Les clients de DEC-Q ont affiché une croissance de la productivité du travail de 6,8 % supérieure à celle des entreprises comparées à la neuvième année.

Figure 3
Différences relatives à la croissance du revenu, de l’emploi et de la productivité du travail entre les clients de DEC-Q et les non-clients, cohorte de 2002, période de 2010 à 2012

Figure 3 Différences relatives à la croissance du revenu, de l’emploi et de la productivité du travail entre les clients de DEC-Q et les non-clients, cohorte de 2002, période de 2010 à 2012

Remarque : L’abréviation « N.S. » (pour non significatif) indique qu’il n’y a pas de différence significative entre les groupes clients et non-clients.
Source : Estimations des auteurs.

La figure 3 indique les résultats pour la cohorte de 2002. Elle montre qu’il n’y a pas eu de différence significative de la croissance du revenu aux neuvième, dixième et onzième années ayant suivi le financement. L’étude précédente montre que les entreprises de cette cohorte ont eu une croissance du revenu supérieure à celle du groupe de référence pendant deux années consécutives après la réception du financement. La troisième année, aucune différence n’a été constatée entre les deux groupes. Après la troisième année, les clients de DEC-Q ont enregistré une croissance du revenu supérieure pendant deux ans. L’analyse ne montre pas de différence significative entre les deux groupes aux sixième, septième et huitième années ayant suivi le financement.

La nouvelle étude montre une croissance de l’emploi de 2,8 % supérieure à celle des entreprises semblables lors de la dixième année après le financement (figure 3). Selon l’étude précédente, la cohorte de 2002 a connu une croissance de l’emploi plus élevée que celles des entreprises semblables dans l’année ayant suivi le financement. De la deuxième à la quatrième année, la différence entre les entreprises financées par DEC-Q et celles qui ne le sont pas n’a pas été statistiquement significative. Lors de la septième année après le financement, le coefficient qui traduit la performance des clients de DEC-Q par rapport aux non-clients s’est avéré négatif, c’est-à-dire que les non-clients ont mieux fait que le groupe clients cette année-là.

Les résultats en ce qui concerne la cohorte de 2002 montre que la différence au chapitre de la croissance de la productivité du travail n’était pas significative aux neuvième, dixième et onzième années suivant le financement (figure 3). L’étude précédente montre que les clients de DEC-Q ont affiché une croissance de la productivité du travail supérieure à celle du groupe de référence pendant quatre années consécutives. Ensuite, à la cinquième et à la septième année, les rôles se sont inversés. Le programme a eu un effet positif pour les clients de DEC-Q à la huitième année.

Figure 4
Différence de la croissance du revenu, de l’emploi et de la productivité du travail entre les clients de DEC-Q et les non-clients pour la cohorte de 2003, de 2010 à 2012

Figure 4 Différence de la croissance du revenu, de l’emploi et de la productivité du travail entre les clients de DEC-Q et les non-clients pour la cohorte de 2003, de 2010 à 2012

Remarque : L’abréviation « N.S. » (pour non significatif) indique qu’il n’y a pas de différence significative entre les groupes clients et non-clients.
Source : Estimations des auteurs.

La figure 4 montre les résultats sur la croissance du revenu, de l’emploi et de la productivité du travail pour la cohorte de 2003. La présente étude montre une différence de croissance du revenu non significative aux huitième, neuvième et dixième années suivant le financement. L’étude DEC-Q 2013 a révélé que les entreprises qui ont été financées pour la première fois en 2003 avaient affiché une croissance du revenu supérieure à celle des non-clients pendant quatre années consécutives. Il n’y a pas eu de différence de croissance du revenu entre les clients et les non-clients aux cinquième et sixième années, mais les clients ont dépassé les non-clients à cet égard à la septième année.

La présente étude ne montre aucune différence significative en ce qui concerne la croissance de l’emploi aux huitième, neuvième et dixième années. À cet égard, l’étude précédente montre que les clients de DEC-Q ont mieux fait et connu une croissance positive pendant deux années (la première et la septième année) après le financement initial.

La nouvelle étude montre que les clients de DEC-Q ont également une croissance de la productivité du travail supérieure à celle des non-clients à la neuvième année. L’étude précédente montrait que la cohorte de 2003 avait une croissance de la productivité du travail supérieure au groupe de référence à la première et à la deuxième année ayant suivi le financement. Ensuite, de la troisième à la sixième année, le coefficient estimé n’était pas statistiquement significatif, À la septième année, les clients de DEC-Q ont dépassé les non-clients pour ce qui est de l’indicateur de performance relatif à la croissance de la productivité.

Figure 5
Différence de la croissance du revenu, de l’emploi et de la productivité du travail entre les clients de DEC-Q et les non-clients, cohorte de 2004, période 2010 à 2012

Différence de la croissance du revenu, de l’emploi et de la productivité du travail entre les clients de DEC-Q et les non-clients, cohorte de 2004, période 2010 à 2012

Remarque : L’abréviation « N.S. » (pour non significatif) indique qu’il n’y a pas de différence significative entre les groupes clients et non-clients.
Source : Estimations des auteurs.

Pour la cohorte de 2004, les clients de DEC-Q ont affiché un taux de croissance du revenu supérieur à celui du groupe de référence à la septième et à la huitième année (soit de 5,2 % et de 3,8 %, respectivement). L’étude précédente a montré que le programme de financement de DEC-Q a commencé à avoir un effet sur la croissance du revenu à la deuxième année après l’année de financement initial. La croissance du revenu des clients de DEC-Q a été supérieure à la deuxième année et à la troisième année.

La présente étude montre que la différence de la croissance de l’emploi des entreprises ayant utilisé le financement de DEC-Q pour la première fois en 2004 et du groupe de référence, n’a pas été significative aux septième, huitième et neuvième années ayant suivi le financement. L’étude précédente indiquait que les entreprises qui avaient eu recours au financement de DEC-Q pour la première fois en 2004 avaient connu une croissance de l’emploi supérieure à celle des entreprises comparées qui n’y avaient pas eu recours à la troisième année ayant suivi le financement. Pendant le ralentissement économique de 2008, les non-clients ont mieux fait que les clients de DEC-Q au chapitre de la croissance de l’emploi.

La cohorte des clients de DEC-Q de 2004 a affiché une croissance de la productivité du travail supérieure (5,1 %) à celle des non-clients à la septième année après avoir reçu le financement (figure 5). L’étude précédente indiquait qu’au chapitre de la productivité du travail, les clients de DEC-Q avaient mieux fait que le groupe de référence seulement à la première et à la deuxième année ayant suivi la première année de financement.

Figure 6
Différence de la croissance du revenu, de l’emploi et de la productivité du travail entre les clients de DEC-Q-clients et les non-clients, cohorte de 2005, période de 2010 à 2012

Figure 6 Différence de la croissance du revenu, de l’emploi et de la productivité du travail entre les clients de DEC-Q-clients et les non-clients, cohorte de 2005, période de 2010 à 2012

Remarque : L’abréviation « N.S. » (pour non significatif) indique qu’il n’y a pas de différence significative entre les groupes clients et non-clients.
Source : Estimations des auteurs.

Pour la cohorte de 2005 (figure 6), l’analyse montre que les clients de DEC-Q ont mieux fait que les non-clients du groupe de référence à la sixième et à la septième année en ce qui concerne la croissance du revenu (3,1 % et 3,2 % respectivement) L’étude précédente a révélé une croissance du revenu de 2,6 % et de 3,1 % plus élevée à la première et à la deuxième année ayant suivi le financement. Aucune différence significative n’a été constatée entre les deux groupes en 2007-2008 et 2008-2009. Lors de la cinquième année, les clients de DEC-Q ont mieux fait que les non-clients.

La présente étude montre que les entreprises qui ont eu recours au financement de DEC-Q pour la première fois en 2005 ont affiché une croissance de l’emploi de 3,7 % supérieure à celle du groupe de référence à la septième année. Il n’y a pas eu de différence significative entre les clients de DEC-Q et le groupe de référence à la sixième et à la huitième année. L’étude précédente montre qu’en 2014 les clients de DEC-Q ont affiché en moyenne une croissance de l’emploi supérieure à celle du groupe de référence lors de la première année ayant suivi le financement initial. Les clients de DEC-Q ont moins bien réussi à la quatrième année.

La cohorte de clients de DEC-Q de 2005 a enregistré une productivité du travail supérieure à celles des non-clients à la sixième et à la septième année après avoir reçu le financement (respectivement de 3,8 % et de 3,2 %, figure 6). L’étude précédente a révélé que les clients de DEC-Q avaient mieux fait que le groupe de référence à la première année après le financement, et à la troisième année, qui coïncide avec le ralentissement économique de 2008, les clients de DEC-Q ont affiché une croissance de la productivité du travail inférieure à celle des entreprises semblables du groupe de référence. Cependant on a estimé une croissance de la productivité plus élevée pour les clients de DEC-Q à la cinquième année.

Figure 7
Différence de la croissance du revenu, de l’emploi et de la productivité du travail entre les clients de DEC-Q et les non-clients, cohorte de 2006, période de 2010 à 2012

Figure 7 Différence de la croissance du revenu, de l’emploi et de la productivité du travail entre les clients de DEC-Q et les non-clients, cohorte de 2006, période de 2010 à 2012

Remarque : L’abréviation « N.S. » (pour non significatif) indique qu’il n’y a pas de différence significative entre les groupes clients et non-clients.
Source : Estimations des auteurs.

Pour la cohorte de 2006, cette étude montre que les clients de DEC-Q ont mieux fait que les non-clients au chapitre de la croissance du revenu, à la cinquième et à la sixième année ayant suivi le financement. La figure 7 indique une croissance de l’emploi de 6,8 % et de 4,8 % supérieure pour le groupe étudié, soit à la cinquième et à la sixième année ayant suivi l’année de financement initiale. Aucune différence statistiquement significative n’a été constatée à la septième année au chapitre de la croissance de l’emploi. L’étude précédente montre que le financement a eu un effet positif sur la croissance du revenu à la première année ayant suivi l’année de financement initiale. Il n’y a pas eu de différence de croissance du revenu entre les clients de DEC-Q et les non-clients aux deuxième et troisième années. À la quatrième année, les clients de DEC-Q ont connu une croissance du revenu supérieure à celle du groupe de référence.

En ce qui concerne l’emploi, selon notre analyse, le groupe de référence a affiché une croissance supérieure à celle du groupe étudié à la cinquième année ayant suivi l’année de financement initiale (-2,3 %). Aucune différence significative n’a été constatée entre les clients et le groupe de référence en ce qui concerne la croissance moyenne de l’emploi à la sixième et à la septième année. L’étude précédente montrait une croissance de l’emploi plus élevée pour les clients de DEC Q à la deuxième année ayant suivi la première année de financement. Les clients de DEC-Q ont moins bien fait que le groupe de référence à la troisième année après le financement et l’a ensuite dépassé à la quatrième année.

Cette analyse indique que les clients de DEC-Q ont connu une croissance de la productivité du travail supérieure (de 7,7 %) à celle des non-clients à la cinquième année ayant suivi le financement (Figure 7). Aucune différence statistiquement significative n’a été observée entre les clients de DEC-Q et les non-clients aux sixième et septième années. L’étude précédente montre qu’il n’y a eu aucune différence entre les deux groupes en matière de croissance de la productivité du travail après les deux années ayant suivi le financement. À la troisième année, la croissance de la productivité du travail des clients de DEC-Q a été inférieure à celle du groupe de référence. À la quatrième année, elle a été de 6,2 % plus élevée que celle du groupe de référence.

Figure 8
Différence de la croissance du revenu, de l’emploi et de la productivité du travail entre les clients de DEC-Q et les non-clients, cohorte de 2007, période de 2010 à 2012

Différence de la croissance du revenu, de l’emploi et de la productivité du travail entre les clients de DEC-Q et les non-clients, cohorte de 2007, période de 2010 à 2012

Remarque : L’abréviation « N.S. » (pour non significatif) indique qu’il n’y a pas de différence significative entre les groupes clients et non-clients.
Source : Estimations des auteurs.

Pour la cohorte de 2007, les clients de DEC-Q ont eu une croissance du revenu supérieure (3,1 %) à celle des non-clients à la quatrième année ayant suivi le financement (figure 8). Aucune différence significative de la croissance du revenu n’a été observée entre les clients de DEC-Q et le groupe de référence aux cinquième et sixième années après le financement. L’étude précédente montrait que le financement avait eu un effet positif sur la croissance du revenu à la première année ayant suivi le financement. Les clients de DEC-Q ont connu à ce moment-là une croissance du revenu de 4,2 % supérieure à celle du groupe de référence. Aucune différence significative n’a été constatée entre les deux groupes en matière de croissance du revenu en 2008-2009 (soit la deuxième année après le financement). Il a été estimé que la croissance du revenu des clients de DEC-Q a été de 2,7 % supérieure à celle des non-clients à la troisième année.

Cette étude montre qu’il n’y a pas eu de différence significative concernant la croissance de l’emploi aux quatrième, cinquième et sixième années ayant suivi le financement. L’étude précédente a montré que les clients de DEC-Q avaient connu une croissance de l’emploi supérieure (3,0 %) l’année ayant suivi le financement. Il n’y a eu aucune différence statistiquement significative en ce qui concerne la croissance de l’emploi à la deuxième et à la troisième année après le financement.

Au chapitre de la productivité du travail, aucune différence significative n’a été observée entre les clients de DEC-Q et le groupe de référence aux quatrième, cinquième et sixième années suivant le financement (figure 8). L’étude DEC-Q 2013 a montré que les clients de DEC-Q de 2007 ont affiché une performance moindre (-6,3 %) lors de la première année ayant suivi l’année du financement. Toutefois, ils ont dépassé les non-clients de 3,8 % lors de la deuxième année en matière de croissance de la productivité du travail.

Figure 9
Différence de la croissance du revenu, de l’emploi et de la productivité du travail entre les clients de DEC-Q et les non-clients, cohorte de 2008, période de 2010 à 2012

Figure 9 Différence de la croissance du revenu, de l’emploi et de la productivité du travail entre les clients de DEC-Q et les non-clients, cohorte de 2008, période de 2010 à 2012

Remarque : L’abréviation « N.S. » (pour non significatif) indique qu’il n’y a pas de différence significative entre les groupes clients et non-clients.
Source : Estimations des auteurs.

Pour la cohorte de 2008 (figure 9), les clients de DEC-Q ont affiché un taux de croissance du revenu plus élevé que le groupe de référence à la troisième et à la quatrième année (7,3 % et 5,6 % respectivement). Aucune différence significative n’a été constatée en matière de croissance du revenu à la troisième et à la cinquième année ayant suivi la première année de financement. L’étude précédente indiquait que le programme de financement de DEC-Q avait commencé à avoir un effet sur la croissance du revenu à la deuxième année ayant suivi la première année de financement (2, 3%).

Au chapitre de la productivité du travail, aucune différence significative n’a été observée entre les clients de DEC-Q et le groupe de référence aux troisième, quatrième et cinquième et sixième années après le financement (figure 9). L’étude précédente a montré qu’il n’y avait pas eu de différence statistiquement significative en matière d’emploi entre les deux groupes après la première année de financement. Toutefois, une croissance de l’emploi supérieure (4,4 %) a été enregistrée à la deuxième année ayant suivi le financement.

Les clients de DEC-Q ont affiché un taux de croissance de la productivité du travail plus élevé (7,2 %) que le groupe de référence à la quatrième année. Aucune différence significative n’a été constatée à la troisième et à la cinquième année ayant suivi l’année de financement initiale. L’étude précédente a montré qu’il n’y avait aucune différence significative entre les deux groupes sur le plan de la croissance de la productivité du travail au cours des deux premières années.

Figure 10
Différence de la croissance du revenu, de l’emploi et de la productivité du travail entre les clients de DEC-Q et les non-clients, cohorte de 2009, période de 2010 à 2012

Figure 10 Différence de la croissance du revenu, de l’emploi et de la productivité du travail entre les clients de DEC-Q et les non-clients, cohorte de 2009, période de 2010 à 2012

Remarque : L’abréviation « N.S. » (pour non significatif) indique qu’il n’y a pas de différence significative entre les groupes clients et non-clients.
Source : Estimations des auteurs.

Pour la cohorte de 2009, cette étude a montré qu’il n’y avait aucune différence statistiquement significative entre les deux groupes relativement à la croissance de l’emploi pour la période de 2010 à 2013. Aucune différence significative n’a été constatée entre les deux groupes sur le plan de la croissance de la productivité du travail au cours des trios années ayant suivi le financement (9,3 %). L’étude précédente indique que les clients de DEC-Q ont mieux réussi que les non-clients en ce qui concerne la croissance de l’emploi et de la productivité du travail à la première année.

Pour la cohorte de 2009, cette étude montre qu’il y a une différence significative de la croissance du revenu entre les clients de DEC et les non-clients aux deuxième, troisième et quatrième années (4,1 %, 5,1 % et 2,8 %). L’étude précédente indique que les clients de DEC-Q ont eu, à la première année, une croissance du revenu comparable à celle des non-clients.

Figure 11
Différence de la croissance du revenu, de l’emploi et de la productivité du travail entre les clients de DEC-Q et les non-clients, cohorte 2010, période de 2010 à 2012

Figure 11 Différence de la croissance du revenu, de l’emploi et de la productivité du travail entre les clients de DEC-Q et les non-clients, cohorte 2010, période de 2010 à 2012

Remarque : L’abréviation « N.S. » (pour non significatif) indique qu’il n’y a pas de différence significative entre les groupes clients et non-clients.
Source : Estimations des auteurs.

Pour la cohorte de 2010, le financement a eu un effet positif sur la croissance du revenu à la première année ayant suivi l’année de financement initiale. À la première année, les clients de DEC-Q ont connu une croissance du revenu de 5,5 % supérieure à celle du groupe de référence. Une différence significative au chapitre de la croissance du revenu a également été constatée entre les clients de DEC et les non-clients à la deuxième et à la troisième année (4,6 % et 4,7 %).

En ce qui concerne l’emploi, la figure 11 montre qu’il n’y a aucune différence significative de la croissance de l’emploi entre les deux groupes après les première, deuxième et troisième années de financement.

Il y a une différence significative entre les deux groupes en ce qui concerne la croissance de la productivité du travail à la première année suivant le financement, celle des clients de DEC-Q étant de 3,3 % supérieure. Aucune différence statistiquement significative n’a été constatée entre les deux groupes au chapitre de la productivité du travail au cours de la dernière année.

Figure 12
Différence de la croissance du revenu, de l’emploi et de la productivité du travail entre les clients de DEC-Q-clients et les non-clients, cohortes de 2011 et de 2012, période de 2010 à 2012

Figure 12 Différence de la croissance du revenu, de l’emploi et de la productivité du travail entre les clients de DEC-Q-clients et les non-clients, cohortes de 2011 et de 2012, période de 2010 à 2012

Remarque : L’abréviation « N.S. » (pour non significatif) indique qu’il n’y a pas de différence significative entre les groupes clients et non-clients.
Source : Estimations des auteurs.

Pour la cohorte de 2011 (figure 12), aucune différence significative n’a été constatée entre les deux groupes après la première et la deuxième année de financement en ce qui concerne la croissance de l’emploi. La figure 12 révèle aussi qu’au cours des deux premières années ayant suivi le financement, la croissance de la productivité a été plus élevée (3,7 % et 4,4 %). Une différence significative a été constatée entre les deux groupes en ce qui concerne la croissance du revenu au cours des deux premières années (6,3 % et 5 %), les clients de DEC-Q ayant mieux fait que les non-clients.

Pour la cohorte de 2012, l’analyse montre que les clients de DEC-Q ont mieux fait que les non-clients au chapitre de la croissance du revenu et de l’emploi (5,4 % et 3,6 %) à la première année (figure 12).

6.2.2. Incidence des différents programmes et composantes de programmes sur le revenu, l’emploi et la productivité du travail

La présente section montre la performance des clients de DEC-Q pour différents programmes ou composantes de programme comparativement au groupe de référence sur les plans du revenu, de l’emploi et de la productivité du travail.

Il importe de garder présent à l’esprit que certains des programmes, comme l’IPREFQ, visaient des régions précises du Québec, alors que les entreprises des groupes de référence pouvaient provenir de n’importe quelle région du Québec.

De plus, une entreprise pouvait avoir reçu différents types de financement de la part de DEC-Q, mais était placée dans un seul groupe de programmes, c’est-à-dire qu’elle aura été placée dans le groupe pour lequel le financement lui aura été attribué en premier. Les programmes financés par la suite sont donc sous-représentés lorsque leurs participants sont reliés à des programmes plus anciens.

IDEE-CER

Renforcement des économies forestières du QuébecRéférence 4

Commercialisation et exportation/Innovation et transfert technologique

Productivité et expansion

Fonds d’adaptation des collectivités / Initiative de développement économique / Renforcement des économies forestières du QuébecRéférence 5

6.3. Taux de survie

Dans la présente section, nous comparons les taux de survie des clients et des non-clients de DEC-Q au cours des années ayant suivi l’année de financement de référence. Nous avons calculé le taux de survie en suivant les entreprises dans le temps. Pour chaque cohorte prise en compte dans la période couverte par l’étude, les entreprises n’ayant déclaré aucun emploi et aucun revenu et n’ayant pas changé de statut (fusions, acquisitions) ont été considérées comme ayant quitté le marché.

Afin de produire une mesure globale de la survie des entreprises, nous avons calculé un taux de survie cumulatif en regroupant les cohortes pour des périodes de temps équivalentes, sans tenir compte de l’année civile où l’entreprise a fait son entrée sur le marché. Par exemple, nous avons calculé le taux de survie des entreprises après la nième année ayant suivi leur entrée sur le marché en divisant le nombre d’entreprises toujours actives après la nième année ayant suivi leur première année de financement par le nombre d’entreprises actives au début de la période, pour toutes les cohortes dont la durée de vie possible était égale ou supérieure à n.

Figure 13
Taux de survie cumulatifs, toutes les cohortes

Figure 13 Taux de survie cumulatifs, toutes les cohortes

Remarques :
L’année (axe horizontal) représente l’année suivant la réception du financement.
- La dernière année cumulative (année 11) comprend seulement la cohorte de 2001. Cette cohorte est associée à quelques observations; par conséquent, de légères modifications dans le nombre d’entreprises ayant survécu donnent lieu à un changement relativement important des taux de survie (modification du pourcentage). Pour cette raison, la différence des taux de survie constatée à l’année 11 doit être interprétée avec prudence.
- Certaines des entreprises du groupe de référence sont devenues clientes de DEC-Q au cours de la période de 2010 à 2013. Ces entreprises ont été remplacées dans le groupe de référence par de nouvelles entreprises choisies au moyen de la méthode du plus proche voisin. Les groupes de référence sont donc un peu différents des groupes de référence utilisés lors de l’étude de DEC-Q 2013. Cette situation a également donné lieu à quelques changements mineurs dans les taux de survie des groupes de référence pour la présente étude. De plus, les taux de survie des clients de DEC-Q ont légèrement changé parce que les bases de microdonnées de Statistique Canada sont révisées et mises à jour périodiquement.
Source : Estimations des auteurs.

La figure 13 montre les taux de survie cumulatifs pour toutes les cohortes. Le taux de survie estimé des clients de DEC-Q est supérieur à celui des non-clients pour toute la période analysée. Par exemple, la proportion de clients de DEC-Q qui étaient encore en activité cinq ans après avoir reçu le financement (quelle qu’ait été la première année de financement) était de 88,1 %; pour le groupe comparable de non-clients, le taux de survie était de 83,7 %.

Figure 14
Taux de survie, cohorte de 2001

Taux de survie, cohorte de 2001

Remarques
- L’année (axe horizontal) représente l’année suivant la réception du financement.
- La dernière année cumulative (année 11) comprend seulement la cohorte de 2001. Cette cohorte est associée à quelques observations; par conséquent, de légères modifications dans le nombre d’entreprises ayant survécu donnent lieu à un changement relativement important des taux de survie (modification du pourcentage). Pour cette raison, la différence des taux de survie constatée à l’année 11 doit être interprétée avec prudence.
- Certaines des entreprises du groupe de référence sont devenues clientes de DEC-Q au cours de la période de 2010 à 2013. Ces entreprises ont été remplacées dans le groupe de référence par de nouvelles entreprises choisies au moyen de la méthode du plus proche voisin. Les groupes de référence sont donc un peu différents des groupes de référence utilisés lors de l’étude de DEC-Q 2013. Cette situation a également donné lieu à quelques changements mineurs dans les taux de survie des groupes de référence pour la présente étude. De plus, les taux de survie des clients de DEC-Q ont légèrement changé parce que les bases de microdonnées de Statistique Canada sont révisées et mises à jour périodiquement.
Source : Estimations des auteurs.

La figure 14 montre les taux de survie pour la cohorte de 2001. Les taux de survie estimés des clients de DEC-Q sont supérieurs à ceux des non-clients pour l’ensemble de la période analysée. Les résultats montrent que la proportion d’entreprises de la cohorte de 2001 qui étaient encore actives onze ans après la première année de financement était de 19,3 points de pourcentage supérieure à celle des non-clients.

Figure 15
Taux de survie, cohorte de 2002

Taux de survie, cohorte de 2002

Remarques :
- L’année (axe horizontal) représente l’année suivant la réception du financement.
- Certaines des entreprises du groupe de référence de la cohorte de 2002 sont devenues clientes de DEC-Q au cours de la période de 2010 à 2013. Ces entreprises ont été remplacées dans le groupe de référence par de nouvelles entreprises choisies au moyen de la méthode du plus proche voisin. Le groupe de référence pour la cohorte de 2002 est donc un peu différent de celui utilisé pour l’étude de DEC-Q 2013. Cette situation a également donné lieu à quelques changements mineurs concernant le taux de survie du groupe de référence pour la présente étude. De plus, les taux de survie des clients de DEC-Q ont légèrement changé parce que les bases de microdonnées de Statistique Canada sont révisées et mises à jour périodiquement.
- Dans la plupart des cas, les taux de survie ont diminué pendant un certain nombre d’années consécutives. Toutefois, de petites hausses des taux de survie sont également constatées dans quelques cas pendant quelques années consécutives; cela s’explique par le fait que des entreprises avaient cessé leurs activités pendant un an et sont redevenues actives l’année d’après (emploi ou revenu déclarés).
Source : Estimations des auteurs.

La figure 15 montre les taux de survie de la cohorte de 2002. En général, les clients de DEC-Q se comparent avantageusement aux non-clients, quelle que soit la durée examinée. Les clients de DEC-Q ont eu des taux de survie supérieurs, alors que près de 69,8 % d’entre eux étaient toujours actifs dix ans après l’année de financement initiale (contre près de 64,6 % pour le groupe de non-clients).

Figure 16
Taux de survie, cohorte de 2003

Figure 16 Taux de survie, cohorte de 2003

Remarques :
- L’année (axe horizontal) représente l’année suivant la réception du financement.
- Certaines des entreprises du groupe de référence de la cohorte de 2003 sont devenues clientes de DEC-Q au cours de la période de 2010 à 2013. Ces entreprises ont été remplacées dans le groupe de référence par de nouvelles entreprises choisies au moyen de la méthode du plus proche voisin. Le groupe de référence pour la cohorte de 2003 est donc un peu différent de celui utilisé pour l’étude de DEC-Q 2013. Cette situation a également donné lieu à quelques changements mineurs dans le taux de survie du groupe de référence pour la présente étude. De plus, les taux de survie des clients de DEC-Q ont légèrement changé parce que les bases de microdonnées de Statistique Canada sont périodiquement révisées et mises à jour.
Source : Estimations des auteurs.

Les taux de survie de la cohorte de 2003 sont présentés à la figure 16, où l’on voit que près de 80,2 % des clients de DEC-Q avaient survécu après neuf ans sur le marché, contre 71,8 % des non-clients.

Figure 17
Taux de survie, cohorte de 2004

Figure 17 Taux de survie, cohorte de 2004

Remarques :
- L’année (axe horizontal) représente l’année suivant la réception du financement.
- Certaines des entreprises du groupe de référence de la cohorte de 2004 sont devenues clientes de DEC-Q au cours de la période de 2010 à 2013. Ces entreprises ont été remplacées dans le groupe de référence par de nouvelles entreprises choisies au moyen de la méthode du plus proche voisin. Le groupe de référence pour la cohorte de 2004 est donc un peu différent de celui utilisé pour l’étude de DEC-Q 2013. Cette situation a également donné lieu à quelques changements mineurs dans le taux de survie du groupe de référence pour la présente étude. De plus, les taux de survie des clients de DEC-Q ont légèrement changé parce que les bases de microdonnées de Statistique Canada sont révisées et mises à jour périodiquement.
Source : Estimations des auteurs.

La figure 17 montre les taux de survie des clients de DEC Q de la cohorte de 2004. À la fin de la période étudiée, les clients de DEC-Q avaient un taux de survie de 82,6 %, contre 80,1 % pour le groupe de référence.

Figure 18
Taux de survie, cohorte de 2005

Figure 18 Taux de survie, cohorte de 2005

Remarques :
- L’année (axe horizontal) représente l’année suivant la réception du financement.
- Certaines des entreprises du groupe de référence de la cohorte de 2005 sont devenues clientes de DEC-Q au cours de la période de 2010 à 2013. Ces entreprises ont été remplacées dans le groupe de référence par de nouvelles entreprises choisies au moyen de la méthode du plus proche voisin. Le groupe de référence pour la cohorte de 2005 est donc un peu différent de celui utilisé pour l’étude de DEC-Q 2013. Cette situation a également donné lieu à quelques changements mineurs concernant le taux de survie du groupe de référence pour la présente étude. De plus, les taux de survie des clients de DEC-Q ont légèrement changé parce que les bases de microdonnées de Statistique Canada sont révisées et mises à jour périodiquement.
Source : Estimations des auteurs.

Comme on le voit à la figure 18, les clients de DEC-Q ont mieux fait que les non-clients pour chacune des années ayant suivi le financement. Les résultats montrent qu’au bout de sept ans, les entreprises subventionnées par DEC-Q étaient proportionnellement plus nombreuses que les entreprises qui ne l’étaient pas à se trouver toujours sur le marché (88,8 % contre 84,4 %).

Figure 19
Taux de survie, cohorte de 2006

Figure 19 Taux de survie, cohorte de 2006

Remarques :
- L’année (axe horizontal) représente l’année suivant la réception du financement.
- Certaines des entreprises du groupe de référence de la cohorte de 2006 sont devenues clientes de DEC-Q au cours de la période de 2010 à 2013. Ces entreprises ont été remplacées dans le groupe de référence par de nouvelles entreprises choisies au moyen de la méthode du plus proche voisin. Le groupe de référence pour la cohorte de 2006 est donc un peu différent de celui utilisé pour l’étude de DEC-Q 2013. Cette situation a également donné lieu à quelques changements mineurs concernant les taux de survie du groupe de référence pour la présente étude. De plus, les taux de survie des clients de DEC-Q ont aussi légèrement changé parce que les bases de microdonnées de Statistique Canada sont révisées et mises à jour périodiquement.
Source : Estimations des auteurs.

La figure 19 montre comment les clients de DEC-Q de 2006 se comparent aux entreprises du groupe de référence. À la sixième année, 94,0 % des clients de DEC-Q étaient encore présents sur le marché, contre 89,3 % des entreprises du groupe de référence.

Figure 20
Taux de survie, cohorte de 2007

Figure 20 Taux de survie, cohorte de 2007

Remarques :
- L’année (axe horizontal) représente l’année suivant la réception du financement.
- Certaines des entreprises du groupe de référence de la cohorte de 2007 sont devenues clientes de DEC-Q au cours de la période de 2010 à 2013. Ces entreprises ont été remplacées dans le groupe de référence par de nouvelles entreprises choisies au moyen de la méthode du plus proche voisin. Le groupe de référence pour la cohorte de 2007 est donc un peu différent de celui utilisé pour l’étude de DEC-Q 2013. Cette situation a également donné lieu à quelques changements mineurs concernant les taux de survie du groupe de référence pour la présente étude. De plus, les taux de survie des clients de DEC-Q ont aussi légèrement changé parce que les bases de microdonnées de Statistique Canada sont révisées et mises à jour périodiquement.
Source : Estimations des auteurs.

Pour la cohorte de 2007, la figure 20 montre que le taux de survie des entreprises subventionnées par DEC-Q cinq années après le financement était de 91,7 %, mais celui des entreprises du groupe de référence était plus élevé encore (93,2 %).

Figure 21
Taux de survie, cohorte de 2008

Figure 21 Taux de survie, cohorte de 2008

Remarques :
- L’année (axe horizontal) représente l’année suivant la réception du financement.
- Certaines des entreprises du groupe de référence de la cohorte de 2008 sont devenues clientes de DEC-Q au cours de la période de 2010 à 2013. Ces entreprises ont été remplacées dans le groupe de référence par de nouvelles entreprises choisies au moyen de la méthode du plus proche voisin. Le groupe de référence pour la cohorte de 2008 est donc un peu différent de celui utilisé pour l’étude de DEC-Q 2013. Cette situation a également donné lieu à quelques changements mineurs concernant les taux de survie du groupe de référence pour la présente étude. De plus, les taux de survie des clients de DEC-Q ont aussi légèrement changé parce que les bases de microdonnées de Statistique Canada sont révisées et mises à jour périodiquement.
Source : Estimations des auteurs.

La figure 21 montre les taux de survie pour les clients de DEC-Q de la cohorte de 2008. Ces clients, à la fin de la période étudiée, avait un taux de survie de 95,8 %, comparativement à 93,0 % pour le groupe de référence.

Figure 22
Taux de survie, cohorte de 2009

Figure 22 Taux de survie, cohorte de 2009

Remarque :
- L’année (axe horizontal) représente l’année suivant la réception du financement.
Source : Estimations des auteurs.

La figure 22 montre les taux de survie de la cohorte de 2009; la différence entre les deux groupes est minime, compte tenu aussi de la courte période étudiée pour le calcul de cette donnée pour cette cohorte; près de 98,5 % des clients de DEC-Q sont encore en activité après trois ans sur le marché, contre 97,5 % pour ce qui est des non-clients.

Figure 23
Taux de survie, cohortes de 2010 et de 2011

Figure 23 Taux de survie, cohortes de 2010 et de 2011

Remarque :
- L’année (axe horizontal) représente l’année suivant la réception du financement.
Source : Estimations des auteurs.

La figure 23 montre les taux de survie pour les cohortes de 2010 et de 2011. La période de temps étudiée est également brève dans ce cas-ci, par conséquent il convient de faire preuve de prudence dans l’interprétation des résultats. Pour ce qui est de la cohorte de 2010, il est aisé de constater que les clients de DEC-Q ont un taux de survie identique à celui des non-clients à la première et à la deuxième année. En ce qui concerne la cohorte de 2011, le taux de survie des clients de CED-Q est de 99,2 % un an après le financement, alors que celui du groupe de référence est plus élevé (100 %).

7. Conclusions

Dans le présent rapport, l’analyse hypothétique des retombées économiques des programmes de DEC-Q vise à étudier les retombées de l’aide de DEC-Q sur les performances des entreprises. La croissance du revenu, de l’emploi et de la productivité du travail sont les mesures de la performance qui ont été utilisées comme variables dépendantes dans l’analyse de régression. À l’aide d’une méthode de régression robuste, nous avons estimé des coefficients pour les clients ayant bénéficié des programmes offerts entre 2001 et 2012. En général, pour les cohortes étudiées, la croissance du revenu, de l’emploi et de la productivité du travail des clients de DEC-Q par rapport aux non-clients a été plus importante au cours de la période de 2010 à 2013.

Les différences entre les résultats liées au fait que les entreprises sont clientes de DEC-Q ou non varient d’une année et d’une cohorte à l’autre. Par exemple, en neutralisant les autres caractéristiques des entreprises, la cohorte des clients de DEC-Q de 2010 a affiché une croissance du revenu de 5 % supérieure à celle des non-clients à la première année ayant suivi le financement, ce qui se traduit en valeur monétaire par un revenu de 75 200 $ de plus, attribuable au fait d’être client de DEC-Q. Il s’agit de la hausse annuelle du revenu la plus élevée liée au fait d’être un client de DEC-Q, et ce, pour toutes les cohortes. C’est la cohorte de 2007, à la quatrième année ayant suivi le financement, qui a enregistré la hausse de revenu la plus faible attribuable, c’est-à-dire de 3 %, ce qui correspond à un revenu de 13 000 $ de plus, en moyenne. Sur le plan de la croissance de la productivité du travail, les différences varient aussi d’une année et d’une cohorte à l’autre. Dans la plupart des cas, lorsque la différence était statistiquement significative, c’était à l’avantage des clients de DEC-Q. La différence la plus élevée a été observée dans la cohorte de 2001, onze ans après le financement, où la croissance de la productivité du travail des clients de DEC-Q a été de 14 % supérieure à celle des non-clients, ce qui représente des ventes d’environ 1 700 $ de plus par employé en moyenne. La plus petite différence à l’avantage des clients de DEC-Q, soit 5 %, a été observée dans la cohorte de 2001 douze ans après le financement, ce qui se traduit par des ventes d’environ 100 $ de plus par employé en moyenne.

Il est plus difficile de comparer les clients et les non-clients dans le cas de la croissance de l’emploi que dans celui de la croissance du revenu et de la productivité du travail. La plus grande différence des clients de DEC-Q sur le plan de la croissance de l’emploi a consisté en une augmentation de 0,11 emploi par client, ce qui a été observé dans le cas de la cohorte de 2001 en 2011-2012.

En général, les clients de DEC-Q ont affiché dans la plupart des cas un taux de survie supérieur à celui des non-clients à la fin de la période étudiée. Il en va pour ainsi dire de même pour les taux de survie cumulatifs, que nous avons obtenus en combinant toutes les cohortes. Les clients de DEC-Q ont dans l’ensemble eu un taux de survie supérieur à celui des non-clients pendant toute la période analysée. Par exemple, cinq ans après le financement, le taux de survie cumulatif des clients de DEC-Q s’est chiffré à 88,1 %, mais celui des non-clients a été de 83,7 %.

Références

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