S.T.L. Lubrifiants voit l'avenir en vert!
Une image vaut mille mots! Partez à la découverte de S.T.L. Lubrifiants, une entreprise du Saguenay–Lac-Saint-Jean à qui l’on doit l’invention d’un système qui révolutionne le secteur de la coupe de bois. Grâce à l’appui de Développement économique Canada, cette entreprise toute verte permet à ses clients d'économiser sur les coûts en lubrifiant et de diminuer l’impact environnemental. Visualisez les photos.
Robert Soucy, président-directeur général, et Alain Simard, directeur des opérations, le duo à la tête de S.T.L. Lubrifiants, sont de véritables promoteurs de l’innovation. Pour eux, technologies de pointe, énergie verte et foresterie sont de parfaits compléments, au même titre que les notions de gain d'efficacité, de sécurité et de santé.
C’est d’ailleurs à Robert Soucy que l’on doit l’invention du système Envirosys qui à lui seul révolutionne le secteur de la coupe de bois. Quiconque aura la chance de faire parler ce chimiste de formation aura envie de lui commander sur-le-champ quatre caisses de lubrifiant pour chaînes et guides-scies de têtes d’abatteuses.
Le système Envirosys, qui sert à lubrifier les pièces de coupe au moyen de graisse biodégradable, est la solution de remplacement à l’utilisation de l’huile pour chaînes.
Dans les faits, ce système réduit de 90 % les rejets de lubrifiant dans l’environnement. C’est l’équivalent du déversement de 214 camions citernes qui pourrait être évité annuellement si les quelque 3 000 abatteuses en opération au Canada fonctionnaient en mode Envirosys!
Pour l’utiliser, rien de plus facile. Un petit tuyau, qui se rend du réservoir jusqu’à la tête de l’engin, permet de réguler le débit et la quantité de graisse souhaités.
Alain Simard est catégorique :
« on doit être capable d’injecter une quantité X de graisse au moment voulu ».
Robert Soucy renchérit : « la précision d’injection est le point fort de notre système, mais c’est aussi son point faible. Puisque la marge de manœuvre est très mince ».
Ce réglage minutieux se fait à l’aide d’un tableau tactile installé dans la cabine. Les clients peuvent se servir d’un réglage préétabli, personnalisé pour eux, ou encore déterminer manuellement les divers paramètres.
Avant d’en arriver à la dernière version du système Envirosys, des milliers de tests et d’ajustements ont été nécessaires. C’est sans compter les mises au point de plusieurs prototypes. Mais les dirigeants de l’entreprise ne se sont jamais découragés, convaincus qu’ils étaient de la valeur de leur produit.
Entre autres avantages, le système, qui permet de réduire les manipulations et d'économiser entre 65 % et 70 % des coûts de lubrifiant par tête d'abatteuse, donne une autonomie 12 fois plus grande avec un seul plein, élimine les pertes de productivité liées au remplissage d'huile, augmente la durée de vie des pièces et améliore la sécurité des travailleurs.
« Pour livrer cette version du système, notre plus achevée, on a dû prendre en compte des tonnes de paramètres, comprendre une multitude de détails. Ça été long et complexe, mais il fallait passer par là pour atteindre le niveau de précision que l’on recherchait »
, mentionne Alain Simard en dévoilant l’intérieur de la dernière version de la boîte de commande.
Des clients ont accepté de tester les différentes fonctions du système sur le terrain, en situations réelles pendant un an pour valider les hypothèses. Les premiers résultats ont largement dépassé les attentes. « C’était presque trop beau pour être vrai », lance M. Soucy.
Quand, en 2007, après avoir validé et consolidé la démarche, ces résultats se sont avérés, la direction de S.T.L. Lubrifiants a fait sa demande de brevet, notamment grâce à l’appui financier de Développement économique Canada.
« DEC nous a donné un bon coup de pouce. On voulait faire breveter l’utilisation de la graisse à la place de l’huile sur la machinerie forestière », précise le directeur général. « La recherche de brevets et les certifications coûtent cher »
, poursuit-il.
En août 2008, en Finlande, lors de la première participation de l’entreprise à une exposition, l’invention récolte les honneurs. Depuis, la clientèle ne cesse d’augmenter. Les contenants de graisse biodégradable et le système Envirosys ne restent pas longtemps dans l’entrepôt avant d’être exportés dans plusieurs pays d’Europe, aux États-Unis, en Amérique du Sud, même en Nouvelle-Zélande.
« On connait de mieux en mieux les marchés »
, se réjouit Robert Soucy. « Cette année, nous avons notamment réussi une percée auprès de Caterpillar, un joueur clé aux États-Unis. Ça prouve que le système est au point. »
« La crise forestière, c’est difficile pour tout le monde, mais c’est le meilleur moment pour faire ce qu’on fait, ajoute Alain Simard. Les entreprises cherchent des façons d’améliorer leurs façons de faire, d’être plus rentables… »
Et tous deux de conclure : « En fait, Envirosys, c’est la seule avenue possible. C’est l’avenir! »