Les Cuisines de Saint-Maxime, trésors maritimes de la Gaspésie
La diversification des activités, voie de sortie de la crise
De multiples obstacles entravent, depuis plusieurs années déjà, la filière gaspésienne des produits de la mer et de l’aquaculture. En clair, cela signifie que les entreprises du secteur ont de nombreux défis à relever pour tirer leur épingle du jeu. Certes, le contexte actuel présente des contraintes, mais il peut être aussi porteur d’occasions à saisir. Et cela Cusimer l’a compris, comme l’illustre son parcours récent. Cette PME de la Haute-Gaspésie, spécialisée dans la transformation et l’exportation de poissons frais et congelés, a fait le choix de durer. Sa recette pour y parvenir : diversifier ses activités.
Cusimer se lance donc dans la recherche d’idées nouvelles pour concevoir de nouveaux produits et améliorer ses pratiques. C’est en 2006 que l’entreprise gaspésienne trouve son homme dans le Marin Vendéen. Cette société française, qui compte plus d’une dizaine d’années d’expérience dans l’élaboration de produits frais à base de poissons, est surtout réputée pour la qualité irréprochable de sa production et l’innovation de ses produits. Cusimer voit dans le Marin Vendéen non seulement une source intarissable d’inspiration, mais aussi un moteur de l’innovation dans le domaine. Une relation privilégiée s’établit entre les deux acteurs. Elle s’étendra sur cinq ans.
La technologie au service de l’innovation
Cusimer et le Marin Vendéen : que voilà un couple bien assorti ! La Québécoise souhaite bénéficier d’un savoir-faire pour assurer sa survie, et le Français, exporter ses techniques novatrices de cuisson et de montage pour renforcer son rayonnement. Les deux partenaires officialisent leur association par un transfert technologique. De cette union naîtront Les Cuisines de Saint-Maxime, Traiteur de la mer, une nouvelle gamme de spécialités culinaires congelées et emballées sous vide, faites d’une combinaison de filets de poissons frais et de chair de poissons précuite, sans équivalents sur le marché québécois.
Ces plats, de bonne qualité et nutritifs, à cuisson rapide sont désignés par les noms de Rosace de la mer, de Farci de poisson et de Farci de poisson et pétoncle. On les trouve déjà dans les rayons réfrigérés de quelques marchés alimentaires (tels que IGA et le Marché des saveurs) et poissonneries du Québec. Certains traiteurs et restaurateurs de la province les affichent déjà à leur menu !
« Nous avons multiplié les efforts, le travail de recherche et les investissements pour créer Les Cuisines de Saint-Maxime. Nous avons effectué deux virées en Vendée où nous avons fait l’acquisition d’équipement spécialisé. À notre retour au Québec, nous avons embauché une personne-ressource, adapté les techniques de transformation, modifié les chaînes de production, formé le personnel et testé nos recettes »
, a précisé la directrice générale de Cusimer, Hélène Ouellet, lauréate du Prix femmes d'affaires du Québec 2009, dans la catégorie Entrepreneure, moyenne entreprise.
Exporter pour grandir
Cusimer exporte 64 % de sa production de première transformation alimentaire. Ces ventes sont réalisées exclusivement aux États-Unis. L’entreprise, qui a l’ambition de grandir, a par ailleurs déjà entrepris des démarches pour vendre ses produits de troisième transformation, Les Cuisines de Saint-Maxime, sur les marchés québécois, canadien et américain. Entre autres mesures, elle a participé, en 2010, à une mission économique dans l’Ouest canadien pour y promouvoir ses nouveaux plats, et utilise actuellement les services d’un représentant américain pour percer le marché des États-Unis.
Pour exporter cette nouvelle gamme de produits, Cusimer sait que ses propres ressources ne peuvent suffire. Elle se tourne alors vers Développement économique Canada et GIMXPORT (organisme régional spécialisé en exportation), qui décident de lui offrir respectivement des capitaux et un soutien technique pour les deux prochaines années. Cette aide permettra à l’entreprise : d’élaborer et de mettre en œuvre une stratégie de mise en marché; de participer à des salons et à des expositions; d’effectuer des visites commerciales sur les marchés visés; de mettre à jour son site Internet et de mettre au point des outils promotionnels.
« Dès sa première rencontre avec les entrepreneurs de Cusimer il y a maintenant plusieurs années, l’équipe de GIMXPORT a vite saisi le dynamisme de cette entreprise novatrice, a souligné le directeur général de GIMXPORT, Aurèle Doucet. Depuis, notre organisme continue à soutenir Cusimer dans l’élaboration de sa nouvelle stratégie marketing à travers des projets comme l’accréditation au programme de conformité douanière avec les États-Unis C-TPAT)Note 1, que les entreprises exportatrices doivent obtenir, et le lancement de ses nouveaux plats prêts-à-cuisiner, Les Cuisines de Saint-Maxime, au Salon international de l’alimentation (SIAL), qui, en 2010, a eu lieu à Montréal. D’ailleurs, il est à noter que Les Cuisines de Saint-Maxime ont fait très bonne figure lors de ce salon de renommée internationale. Ces plats ont en effet été sélectionnés parmi les produits en lice au concours Tendances et Innovations. »
Cusimer exporte 64 % de sa production de première transformation alimentaire. Ces ventes sont réalisées exclusivement aux États-Unis. L’entreprise, qui a l’ambition de grandir, a par ailleurs déjà entrepris des démarches pour vendre ses produits de troisième transformation, Les Cuisines de Saint-Maxime, sur les marchés québécois, canadien et américain.
Cusimer emploie actuellement 45 travailleurs saisonniers, affectés à la production de première transformation. L’entreprise estime que ses activités de troisième transformation, Les Cuisines de Saint-Maxime, entraîneront la création de 12 postes permanents, temps plein, une hausse de 30 % de son chiffre d'affaires dès la première année de production et une amélioration de sa compétitivité. On peut d’ores et déjà affirmer que le projet de Cusimer aura d’importantes retombées sur l’industrie gaspésienne de la pêche – l’entreprise assurant entre autres la survie de 15 pêcheurs indépendants – et sur la MRC de la Haute-Gaspésie, une des MRC les plus dévitalisées du Québec. Il n’y a pas à dire, Les Cuisines de Saint-Maxime sont de petits plats qui font recette !
1 C-TPAT : Customs-Trade Partnership Against Terrorism.