Derrière la forêt se cachent les petits pots d’Origina!
Oubliez les colombages et les pâtes et papiers! Voyez plutôt les trésors que recèlent les produits forestiers non ligneux cachés dans les sous-bois de la forêt boréale et dénichés par la Coopérative forestière de Girardville.
En 2009, la Coopérative forestière de Girardville a célébré 30 années de travail dans le secteur forestier. Forte de ses 30 ans d’expérience, et plutôt que de regarder derrière tout le trajet parcouru, cette coopérative est résolument tournée vers l’avenir! Après avoir concentré ses efforts sur l’exploitation des aiguilles et des branches d’épinettes noires afin d’en extraire des huiles essentielles, elle s’efforce maintenant de développer de nouveaux produits avec les richesses disponibles une fois le bois récolté : aiguilles, plantes, branches, racines, tiges, feuilles et fleurs.
Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme…
« Bien avant l’heure, les fondateurs avaient compris qu’il fallait diversifier les activités sylvicoles tout en valorisant l’expertise régionale. Notre souci constant de rentabilité nous porte à varier les activités et à assurer la deuxième et troisième transformation de nos produits », précise le directeur général, Jérôme Simard.
Née en 1979 de l’initiative de quelques individus qui se cherchaient du travail, la Coopérative forestière de Girardville regroupe aujourd’hui 183 membres et emploie près de 460 personnes. Elle affiche un chiffre d’affaires de 22 millions de dollars et octroie à des entreprises de la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean des contrats pour une valeur de 12 millions de dollars. Ces résultats démontrent qu’il est possible d’allier création d’emplois et développement durable, ce que la Coopérative forestière de Girardville réussit de façon dynamique.
Après six ans de travail et de recherche, la Coopérative a lancé récemment une nouvelle gamme de produits, commercialisés sous la marque d’Origina. Imaginez une variété d’assaisonnements aux noms évocateurs de poivre des dunes, épice de thé du Labrador, graines de myrica, délicatesse de gadelle sauvage, poudre de thé des bois… C’est comme avoir la forêt boréale dans votre assiette! Ces produits représentent une première étape dans l’élaboration d’un plan de mise en marché d’une vingtaine de produits qui font actuellement l’objet d’une évaluation en laboratoire.
Avec l’appui financier de Développement économique Canada, la Coopérative a pu réaménager une section d’un bâtiment existant pour pouvoir effectuer le traitement de ses nouveaux produits. Ce projet permettra de créer 15 emplois saisonniers pour le séchage et le broyage des plantes nécessaires à la production des épices, en plus de maintenir les 15 emplois actuels dans le secteur de la cueillette.
« Quand Jacques Cartier est arrivé au Québec pensant avoir découvert la Route des Indes et les épices, il ne s’était pas trompé de trail, seulement il s’agissait de la route des épices de la forêt boréale! Il faut maintenant faire découvrir ces richesses au monde »
, raconte M. Simard.
Cette nouvelle initiative démontre que la forêt recèle encore de nombreux atouts dont les collectivités peuvent tirer avantage pour demeurer des milieux de vie en bonne santé économique. Les activités de la Coopérative forestière de Girardville représentent d’excellents exemples de diversification économique, en plus de démontrer des pratiques intéressantes en termes de développement durable.